BAnQ logo. BAnQ logo. Archives

Recherche avancée - Dénombrement de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec de 1716 (**NOUVEAUTÉ** 16 février 2022)

Présentation

Présentation

Le dénombrement de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec de 1716

1. Les dénombrements paroissiaux de Québec (1716-1835)

Entre 1700 et 1850, la population de Québec passe de 2 000 à plus de 40 000 habitants. Jusqu'à la nomination en 1829 d'un curé pour la paroisse de Saint-Roch, seule la paroisse de Notre-Dame-de-Québec dessert les catholiques qui ont toujours formé au moins 60% des habitants de Québec. Administrer une paroisse aussi importante impose donc au curé la nécessité de se doter d'outils pour mieux connaître ses paroissiens. C'est pourquoi à plusieurs reprises au cours des 18e et 19e siècles, profitant de ses visites paroissiales, le curé de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec entreprend la confection d'un relevé nominatif. Les dénombrements de 1716, 1744, 1792, 1795, 1798, 1805, 1806, 1815, 1818, 1821, 1823, 1833 et 1835 ont été conservés dans les archives de la paroisse.

Par le dénombrement de ses ouailles, surtout en période de forte croissance démographique, il pouvait ainsi mieux les connaître, en établir le nombre, le lieu de résidence et les activités; évaluer la quantité de communiants et même s'attarder à leurs relations avec les préceptes et les obligations de la religion catholique.

Dans certains cas, seuls les chefs de famille étaient énumérés; dans d'autres, tous les paroissiens catholiques étaient recensés. Les religieux des différentes institutions et congrégations de la ville sont généralement omis. Puisque les dénombrements de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec se limitent aux paroissiens catholiques, tant francophones qu'anglophones, les non-catholiques sont présentés sommairement, voire omis. Les recensements effectués sous les auspices du gouvernement (1825, 1831, 1842, 1851) compensent cependant en partie cette lacune. Enfin, puisque les limites de la paroisse catholique débordaient la partie urbanisée de Québec, il n'est pas étonnant de retrouver des cultivateurs de la Canardière, de la Petite-Rivière Saint-Charles ou des zones plus rurales en direction de Sillery et de Notre-Dame-de-Foy.

 

2. Le dénombrement de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec de 1716

Le dénombrement de 1716 a été confectionné sous la direction du curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Conservé dans les archives de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, (CM1/F1,1), il porte pour titre : Recensement general des habitans de quebec et des Environs dans le district de la paroisse de Québec ou Etat Des ames de la paroisse de Québec en l’année 1716.

Le document prend la forme d'une énumération, pour chaque rue, des 2 284 habitants de tous les ménages, peu importe l’âge. On trouve pour chaque nom une mention presque systématique de l'âge et, moins souvent, de l'occupation des individus.

Il faut noter que le dénombrement de 1716 exclut les religieux et religieuses, les élèves des institutions religieuses et les soldats.

Dans le préambule du dénombrement, on retrouve un état de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec :

« La paroisse de Québec renferme dans son étendue :

  1. La Haute-Ville; 2. La Basse-Ville; 3. La Canardière; 4. St-Jean; 5. La Petite Rivière et 6. Saint-Michel.
  2. – M. Thiboult est curé et M. Calvarin, vicaire.
  3. La Haute-Ville renferme :
  4. 1. Le Château où loge Monsieur le Gouverneur; 2. Le Palais où loge Monsieur l’Intendant; 3. Le Palais Épiscopal; 4. Le Séminaire; 5. Les Jésuites; 6. Les Récollets; 7. Les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu et 8. Les Ursulines. – Le Palais est dans le faubourg Saint-Nicolas.

La Basse-Ville se prend depuis la Canoterie jusqu’au bout du Cul-du-Sac. Saint-Jean se prend depuis la porte de la ville jusqu’à la maison de Prévost inclusivement.

La Canardière, depuis la maison de Larche jusqu’à la maison de Lagroix inclusivement.

La Petite-Rivière, depuis l’Hôpital-Général jusqu’à la maison de Dion inclusivement.

La paroisse et la Cathédrale sont une même église. Il y a une chapelle succursale à la Basse-Ville. Il y a aussi une petite communauté de Sœurs de la Congrégation à la Basse-Ville pour faire les petites écoles des filles; elles sont six sœurs.

Les Hospitalières de l’Hôtel-Dieu sont 58 religieuses et pourront augmenter

Les Ursulines sont 42 en tout, sans compter les pensionnaires.

Les Hospitalières de l’hopital-Général sont en tout 17 ou 18 religieuses.

Il n’y a à Saint-Michel que la maison de promenade du Séminaire. »

 

3. La base de données

La base de données comprend 2 284 entrées liées au recensement et un ajout de 10 personnes non recensées, soit en tout 2 294 entrées. La saisie des données a été faite à partir du livre d’André Lafontaine Recensements annotés de la ville de Québec, 1716 et 1744. Monsieur André Lafontaine a ajouté 1 023 notes sur les individus recensés (mariage, contrat de mariage du couple à la tête du ménage (lieu, date, notaire) et le lieu d'origine. Il faut noter que ce travail a été réalisé en 1983 et que depuis ce temps les documents du Régime français ont fait l’objet de descriptions plus fines (Advitam, PRDH, Parchemin, etc.). Malgré ce décalage de 40 ans, le travail de monsieur Lafontaine demeure exceptionnel et malheureusement peu connu. Signalons que dans son volume, on retrouve, outre les dénombrements de 1716 et de 1744, des cartes, quatre aveux et dénombrements en lien avec la ville, des relevés de religieux et de religieuses et une liste d’élèves du séminaire de Québec.

Les ménages ont été numérotés comme dans le document original. Pour retrouver tous les individus associés à un ménage, il s’agit tout simplement de relancer la recherche en utilisant le numéro de ménage. Cela permet en particulier de repérer les parents ou le conjoint ou la conjointe.

 

Nous avons inscrit les patronymes tels qu’ils apparaissaient dans le document original. Toutefois, entre crochets, des variantes orthographiques touchant les noms ont été placées afin de faciliter la recherche. Le Dictionnaire généalogique des familles des origines à 1730 de René Jetté a été d’un grand secours à cet égard. Il en est de même pour les prénoms souvent abrégés dont la forme au long a été placée entre crochets.

 

4. Remerciements

Monsieur André Lafontaine nous a gracieusement permis le 18 novembre 2020, soit quelques mois avant son décès survenu à Sherbrooke le 10 avril 2021, de reprendre son travail. « Tant mieux si cela peut contribuer à faciliter les recherches », nous écrivait-il. Nous avons perdu un précieux travailleur de l’ombre. Il avait passé plusieurs jours dans les archives de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec à relire l’original. Comme l’indiquait Joanie Migneault dans son mémoire de maîtrise, « cet érudit québécois, non affilié à une université, a réussi à assurer la crédibilité de ses travaux en recourant à la rigueur méthodologique requise en histoire, et en s'inspirant de travaux reconnus … ». Remerciements aussi à Annie Labrecque des Archives nationales qui a veillé à la préparation de la base de données à partir du volume de monsieur Lafontaine.

 

Conseil pour la recherche

  1. L’application gérant la base de données distingue les caractères accentués et les traits d’union. Il faut donc faire des essais avec les variantes orthographiques.

 

Bibliographie

BAUDET, L. (Louis). Recensement de la ville de Québec pour 1716. Québec, A. Côté & Cie, 1887. 66 p.

JETTÉ, René. Dictionnaire généalogique des familles des origines à 1730. Montréal, PUM, 1983. 1176 p.

LAFONTAINE, André. Recensements annotés de la ville de Québec, 1716 et 1744. Sherbrooke, A. Lafontaine cop, 1983. xxv-426 p.

MIGNEAULT, Joanie. Des ruraux en ville. Une facette des migrations internes dans la vallée du Saint-Laurent: itinéraire et destin des migrants de provenance rurale établis à Québec en 1744. Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en histoire pour l'obtention du grade de maître ès arts (M.A.), Département d’histoire, Faculté des Lettres, Université Laval, 2009. 189 p. (Disponible en ligne)