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Recherche avancée - Le dénombrement de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec de 1744 (** Nouveauté ** 6 avril 2022)

Présentation

Présentation

Le dénombrement de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec de 1744

1. Les dénombrements paroissiaux de Québec (1716-1835)

Entre 1700 et 1850, la population de Québec passe de 2 000 à plus de 40 000 habitants. Jusqu'à la nomination en 1829 d'un curé pour la paroisse de Saint-Roch, seule la paroisse de Notre-Dame-de-Québec dessert les catholiques qui ont toujours formé au moins 60% des habitants de Québec. Administrer une paroisse aussi importante impose donc au curé la nécessité de se doter d'outils pour mieux connaître ses paroissiens. C'est pourquoi, à plusieurs reprises au cours des 18e et 19e siècles, profitant de ses visites paroissiales, le curé de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec entreprend la confection d'un relevé nominatif. Les dénombrements de 1716, 1744, 1792, 1795, 1798, 1805, 1806, 1815, 1818, 1821, 1823, 1833 et 1835 ont été conservés dans les archives de la paroisse.

Par le dénombrement de ses ouailles, surtout en période de forte croissance démographique, il pouvait ainsi mieux les connaître, en établir le nombre, le lieu de résidence et les activités; évaluer la quantité de communiants et même s'attarder à leurs relations avec les préceptes et les obligations de la religion catholique.

Dans certains cas, seuls les chefs de famille étaient énumérés; dans d'autres, tous les paroissiens catholiques étaient recensés. Les religieux des différentes institutions et congrégations de la ville sont généralement omis. Puisque les dénombrements de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec se limitent aux paroissiens catholiques, tant francophones qu'anglophones, les non-catholiques sont présentés sommairement, voire omis. Les recensements effectués sous les auspices du gouvernement (1825, 1831, 1842, 1851) compensent cependant en partie cette lacune. Enfin, puisque les limites de la paroisse catholique débordaient la partie urbanisée de Québec, il n'est pas étonnant de retrouver des cultivateurs de la Canardière, de la Petite-Rivière Saint-Charles ou des zones plus rurales en direction de Sillery et de Notre-Dame-de-Foy.

 

2. Le dénombrement de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec de 1744

Le dénombrement de 1744 a été confectionné sous la direction de l’abbé Jacrau, alors curé de la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Conservé dans les archives de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, (CM1/F1,1), il porte pour titre : État ou recensement général de la paroisse de Québec du 15 septembre mil sept cent quarante-quatre depuis le fort ou château Saint-Louis allant sur le Cap que j'ai fait faire pour me servir dans la conduite de la dite paroisse dont je suis chargé. Il comprend des entrées jusqu’à la fin mars 1745, sauf un petit ajout pour 1754 pour la Petite-Rivière.

Le document prend la forme d'une énumération, pour chaque rue, des 5 000 habitants de tous les ménages, peu importe l’âge. On trouve rattachée à chaque nom une mention presque systématique de l'âge et, moins souvent, de l'occupation des individus.

Le recensement a été effectué auprès de la population des 36 rues aménagées à Québec en 1744 tant à l’intérieur des murs que de la banlieue qui faisait partie de la paroisse.

Il faut noter que le dénombrement de l’abbé Jacrau exclut les religieux et religieuses, les élèves des institutions religieuses et les soldats. Moins de deux cents hommes sont alors en garnison à Québec.

 

3. La base de données

La base de données comprend 5075 entrées. Quelques individus sont recensés deux fois et 33 entrées sont des ajouts faits en 1754 pour la Petite-Rivière située en dehors des murs de la ville. L’historien Yvon Desloges estime de 5004 habitants différents sont recensés en 1744.

André Lafontaine a ajouté 2 394 notes sur les individus recensés (mariage, contrat de mariage du couple à la tête du ménage (lieu, date, notaire) et le lieu d'origine. Il faut noter que ce travail a été réalisé en 1983 et que depuis ce temps les documents du Régime français ont fait l’objet de descriptions plus fines (Advitam, PRDH, Parchemin, etc.). Malgré ce décalage de 40 ans, le travail de Monsieur Lafontaine demeure exceptionnel et malheureusement peu connu. Signalons que dans son volume, on retrouve, outre les dénombrements de 1716 et de 1744, des cartes, quatre aveux et dénombrements en lien avec la ville, des relevés de religieux et de religieuses et une liste d’élèves du séminaire de Québec.

Afin de faciliter la recherche, les ménages ont été numérotés. Dans le document original, un trait soulignait la transition entre les ménages. Pour retracer tous les individus associés à un ménage, il s’agit tout simplement de relancer la recherche en utilisant le numéro de ménage. Cela permet en particulier de repérer les parents ou le conjoint ou la conjointe.

Nous avons inscrit les patronymes tels qu’ils apparaissaient dans le document original. Toutefois, entre crochets, des variantes orthographiques touchant les noms ont été placées afin de faciliter la recherche. Il en est de même pour les prénoms souvent abrégés. C’est moins beau, mais plus efficace !

 

3. Remerciements

Monsieur André Lafontaine nous a gracieusement permis le 18 novembre 2020, soit quelques mois avant son décès survenu à Sherbrooke le 10 avril 2021, de reprendre son travail. « Tant mieux si cela peut contribuer à faciliter les recherches », nous écrivait-il. Nous avons perdu un précieux travailleur de l’ombre. Il avait passé 6 jours dans les archives de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec à relire l’original et à le confronter à la version publiée dans le Rapport de l’archiviste de la province de Québec pour 1939-1940, corrigeant au passage plusieurs erreurs de lecture. Comme l’indiquait Joanie Migneault dans son mémoire de maîtrise, « cet érudit québécois, non affilié à une université, a réussi à assurer la crédibilité de ses travaux en recourant à la rigueur méthodologique requise en histoire, et en s'inspirant de travaux reconnus … ».

 

Conseils pour la recherche

  1. L’application gérant la base de données distingue les caractères accentués et les traits d’union. Il faut donc faire des essais avec les variantes orthographiques.
  2. Monsieur Lafontaine renvoie souvent le chercheur au recensement de 1716 pour obtenir des informations supplémentaires. Le numéro de ménage indiqué dans notre base de données pour 1716 correspond à celui indiqué par Monsieur Lafontaine.

 Bibliographie

« Le recensement de Québec, en 1744 », dans Rapport de l’archiviste de la province de Québec pour 1939-1940. Québec, Redempti Paradis, 1940. P. 1-154. (Disponible en ligne)

Lafontaine, André. Recensements annotés de la ville de Québec, 1716 et 1744. Sherbrooke, A. Lafontaine cop, 1983. xxv-426 p.

Migneault, Joanie. Des ruraux en ville. Une facette des migrations internes dans la vallée du Saint-Laurent: itinéraire et destin des migrants de provenance rurale établis à Québec en 1744. Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en histoire pour l'obtention du grade de maître ès arts (M.A.), Département d’histoire, Faculté des Lettres, Université Laval, 2009. 189 p. (Disponible en ligne)

Prévost, Marie-France. Le recensement de Québec de 1744 : une fenêtre sur le travail des femmes au Canada sous le régime français. Mémoire présenté pour obtenir la Maîtrise ès arts (Histoire), Département d’histoire Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke, Septembre 2019. 188 p. (Disponible en ligne)